L’autoformation

Selon Wikipedia, un autodidacte « est une personne qui a appris par elle-même, en dehors des institutions éducatives. » La personne va se former par elle-même, dans un cadre qui lui est propre.

Ces dernières années, l’autoformation est de plus en plus populaire. Cet apprentissage est facilité par l’apparition des groupes d’autodidactes qui échangent en ligne sur leurs centres d’intérêt communs, ce qui permet à chacun de bénéficier des domaines de compétences des autres.

Dans le même état d’esprit, nous avons les MOOC (massive open online course) qui sont des cours en ligne ouverts à tous. De nombreuses universités de prestige à travers le monde offrent ce type de cours, qui sont un outil très intéressant dans le cadre d’une autoformation. Les MOOC présentent comme avantages :

  • ils ne demandent pas d’investissements financiers car les plateformes sont externes
  • plus de formateurs à payer
  • pas de démarches administratives
  • l’acquisition de compétences et de connaissances
  • des portails de discussion mis à disposition des participants qui vont les aider à échanger avec d’autres personnes partageant les mêmes besoins et centres d’intérêt. Les utilisateurs de ces plateformes se sentent donc moins seuls face à leur apprentissage.

Afin d’avoir une vue sur le fonctionnement des MOOC, nous allons vous présenter ici deux plateformes, Coursera et Udacity.

Coursera

Il s’agit d’une plateforme MOOC ayant une grande variété de sujets disponibles. À l’heure actuelle, 659 sujets sont mis à disposition. Ils travaillent en partenariat avec d’autres centres d’enseignement tels que l’Université de Stanford, Vanderbilt University et la University of London. Les cours proposés démarrent à une date fixe et se déroulent sur une période prédéterminée. Un examen est prévu à la fin, qui donne droit à un certificat lors de la réussite de celui-ci.

Coursera propose trois types d’apprentissage. Tout d’abord des vidéos sont placées en ligne de façon régulière où un professeur donne un cours. Une deuxième méthode consiste en l’utilisation de manuels ou textes traditionnels qui sont un supplément par rapport à ce qui a été dit lors du cours en ligne. Enfin des situations à résoudre, des quiz et des devoirs sont proposés également. Vu le fait que les cours démarrent à un moment précis pour tous les participants, il est possible d’interagir avec les autres.

D’autres plateformes connues qui fonctionnent de la même manière sont Edx et MIT.

Udacity

Udacity est également une plateforme MOOC mais qui, contrairement à Coursera, ne travaille pas avec des périodes prédéterminées durant lesquelles se déroulent les cours. En tant que participant on peut donc travailler à son propre rythme et ne pas suivre certains cours qui ne font pas partie de notre centre d’intérêt ou qui sont déjà assimilés.

Les sujets proposés sont moins nombreux et se situent dans les domaines des Computer Science, Web Development et Tech Courses. Seules des vidéos sont proposées et non des manuels ou des textes. Il est également possible de recevoir un pack plus complet (par exemple du coaching personnalisé, correction du codage…) mais cela est payant. Il est possible de recevoir un certificat lorsque tous les cours ont été suivis (ce qui n’est pas possible chez Coursera si les cours sont suivis selon un rythme personnel). Les personnes qui donnent les cours font partie du monde des universités et/ou de l’entreprise.

Même si l’utilisation d’internet peut être un avantage pour les autodidactes, il faut faire attention à ne pas confondre ‘apprendre’ et ‘accéder à une information’. Entre les deux, il y a un acte mental délibéré qui s’inscrit dans la durée. Apprendre signifie non seulement intégrer une information, mais également l’appliquer dans des situations concrètes par la suite.

Quand utiliser l’autoformation comme technique de formation

Depuis quelques années, la technique de l’autoformation prend un nouvel essor. Elle est efficace quand l’apprenant a un accès aux ressources disponibles sur internet car en rassemblant les informations puis en les mettant en pratique par lui-même, il pourra augmenter ses compétences.

Il faudra dès lors veiller à ce que l’employé dispose du temps nécessaire pour son apprentissage. Cela peut se faire par exemple en prévoyant des plages dans son agenda en concertation avec l’apprenant.

Lorsque vous décidez d’intégrer les MOOC dans les apprentissages en autoformation des employés, il peut être intéressant dès le départ de définir des outils de reporting car ces sites ne les prévoient en général pas. Or un suivi des résultats liés à une autoformation est tout important que pour une formation classique.

Critères de succès 

Les principaux obstacles pour un apprentissage en autoformation seront :

  • le manque de moyens financiers (les MOOC sont des plateformes gratuites donc une alternative intéressante) et de ressources
  • le manque de volonté de l’apprenant
  • une préférence pour un apprentissage guidé et plus traditionnel
  • le manque de temps
  • le manque de confiance travailleur-employeur
  • la pertinence de la formation par rapport au poste occupé

Il faut donc tenir compte de ces facteurs lors de la mise sur pied de ce type de formations.

De plus, ce n’est pas parce que l’on s’engage dans une autoformation, que l’on ne doit pas s’entourer de personnes qui peuvent nous soutenir et nous guider. Dans cet esprit, il peut être bénéfique de prévoir un système de parrain / marraine au niveau global de l’entreprise.

Le rôle de l’employeur sera donc un point crucial dans le succès d’une autoformation. Il devra mettre en place des systèmes de soutien et d’accompagnement, prévoir des budgets spécifiques pour ce type d’apprentissage et laisser à l’apprenant une certaine autonomie pour planifier son temps de formation.

Public cible de l’autoformation

Tout le monde peut pratiquer l’autoformation. Néanmoins, il faudra que l’apprenant dispose d’un accès à internet et qu’il soit disposé et capable de gérer son apprentissage. En effet, il sera placé au centre du dispositif et il devra choisir les méthodes personnelles qui lui conviennent le mieux. Pour cela, il doit avoir une bonne connaissance de celles qui sont efficaces dans son cycle d’apprentissage mais il devra également être ouvert à les adapter si cela s’avère nécessaire. De plus, elles doivent aimer la solitude, savoir se remettre en question et être capables de se fixer des objectifs.

Cette technique est efficace pour des personnes qui souhaitent éliminer les contraintes liées à des formations plus classiques, et qui tirent une grande satisfaction des compétences acquises en autoformation.

Comment construire un programme en autoformation dans le cadre d’un trajet de formation ?

Avant de commencer une autoformation, il faut définir les objectifs en accord avec le participant car il ne faut jamais oublier que ce type de formation demande une grande motivation personnelle. Il faut donc impliquer l’employé dès le début de la construction de la formation. Demandez à l’apprenant de lire des informations sur le sujet concerné, afin de définir les limites des connaissances et compétences à acquérir.

Ensuite, vous pouvez déterminer ensemble les outils qui pourront l’aider, comme par exemple les MOOC. De préférence, prévoyez plusieurs voies d’apprentissage en combinant les méthodes d’échange et de recherche d’informations (sites internet, réseaux sociaux, intervision, échanges formelles et informelles…).

Pour l’apprenant, il est essentiel d’appliquer au plus vite les informations engrangées. Cela lui permettra de passer de la théorie à la pratique afin de savoir quelles sont les best practices, de voir quelle matière il ne maîtrise pas encore suffisamment…

L’un des éléments primordiaux dans une autoformation en entreprise reste une entente formelle entre le travailleur et l’employeur, qui va déterminer plusieurs points cruciaux : le contrat, le plan d’action, les éventuels reporting… Cela va permettre à l’apprenant de connaître les étapes et à l’employeur de suivre l’apprentissage. Cela va également stimuler la confiance entre les différentes parties impliquées.